JARDIN BO KAY
 
 
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  Du créole qui signifie "Le jardin autour de la maison".
Celui qui guérit, nourrit, orne et protège.
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From Creole meaning the garden around the house.
The one that nourishes, heals, beautifies and protects.
 
     
 
 
 
 
 
 
 
 
__Juin - 16.17 - June 2022
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__ECOLE ELEMENTAIRE BLOMET - PARIS 15
__www.jardinbokay.com/jardinbokay-ecoleblomet
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__Chaleureux remerciements à Monsieur le directeur Alain Richez et Stéphanie Rivray.
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__Peinture acrylique - Pastel à l'huile permanent - Peinture en aerosol
__Acrylic painting - Permanent oil pastel - Spraycan painting
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
__2016
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__LA NUIT DES TEMPS - ANCIENT ASTRONAUTS
__www.jardinbokay.com/jardinbokay-lanuitdestemps
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__CHAMPAGNES DOMAINE VRANKEN-POMMERY www.vrankenpommery.com
__EXPERIENCE #13 - GIGANTESQUE !
__Reims, France
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__Commissaire d'exposition - Curator / Farice Bousteau
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__Gravure sur craie - Chalk carving
__Peinture acrylique sur verre - Acrylic painting on glass
 
 
 
 
 
 
 
 
 
     
     
     
     
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  LE JARDIN CREOLE (JARDIN BO KAY)
PLANTES MEDICINALES, PLANTES VIVRIERES ET PLANTES D'ORNEMENT
 
     

 

Le jardin créole (Jaden Kreyol) s’inscrit dans une longue tradition depuis
l’époque des indiens kalinagos et leurs « ichalis ». Véritable reflet de
la culture créole, il est un mélange d’influences amérindiennes, africaines,
européennes…
Jardin d’autosubsistance par excellence, s’y côtoient les plantes vivrières,
les plantes médicinales et les plantes d’ornement dans un savant agencement
dans l’espace et le temps qui permet une production familiale abondante dans
un espace restreint. Un véritable modèle pour l’agroécologie.
 
     

 

« témoigne d’un savoir-faire ancien, ingénieux aussi bien dans sa structure
que dans l’association variée de plantes légumières, fruitières, médicinales
et décoratives. Ce sont des jardins qui conservent des variétés anciennes
de cultivars, abandonnés partout ailleurs pour leur moindre productivité ou
leur inutilité apparente. […] Le jardin créole a une grande incidence symbolique
en structurant, en marquant le paysage ou les espaces particuliers : domestiqué,
à portée de la main, il fournit tout ce dont l’homme a besoin ; en même temps
désordonné, sauvage, à la limite des grands bois et des mystères de ce qui
n’est pas humain, il est le pont entre l’homme et la Nature, le lieu de fusion
avec elle. »
 
     
  Vincent Huygues-Belrose, le jardin créole  
     
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  LES ORIGINES DU JARDIN CREOLE  
     
  A l’origine, les Indiens Kalinagos venus d’Amérique du Sud ont introduit
l’« ichali », un système agro-forestier où le manioc était prédominant.
On y trouvait également du giraumon, de la patate douce, du chou caraïbe,
des plantes médicinales ou « ayapana » et les plantes comme le coton ou
le calebassier qui servaient à la fabrication des objets du quotidien.
 
     
  On estime que sa forme reste inchangée jusqu’à l’arrivée des européens
au XVI° siècle, et leur potager.
 
     
  Puis au temps de l’esclavage, le maître attribuait aux esclaves un lopin
de terre qu’ils devaient cultiver pour assurer leur auto-alimentation.
Ainsi sont nés les jardins des esclaves.
De la même façon, les « neg’marrons », esclaves fugitifs rebelles ont
mis en place leurs propres systèmes de production, inspiré des savoirs
des indiens Caraïbes et y intégrant l’influence africaine de leurs racines.
 
     
  Après l’abolition, il devient le jardin de case ou jardin « bo kay »
(autour de la maison) et continue à être un moyen d’autosubsistance pour
la famille.
 
     
  Aujourd’hui, le jardin créole antillais a été influencé par tous ces
apports successifs, avec en dernier lieu les influences des travailleurs
immigrés indiens puis chinois. Ainsi enrichi culturellement et en termes
d’espèces nouvelles, il constitue aujourd’hui un formidable réservoir de
biodiversité aussi exceptionnel qu’insoupçonné : ce sont les lieux de
survivance de certaines espèces et variétés devenues rares.
 
     
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  LES CARACTERISTIQUES DU JARDIN CREOLE  
     
  Il s’appuie sur l’observation et le respect des cycles naturels.  
  Une concentration de biodiversité.
D’une surface généralement comprise entre 100 et 200m², le jardin créole
se caractérise par la présence d’une importante biodiversité. Par exemple,
plus de cent espèces ont pu être recensées sur un transect de 4×15 mètres !
Diversité d’espèces, mais aussi de variétés qui a son utilité. En effet,
planter des espèces différentes va permettre de gérer la nutrition
différenciée des plantes, avec les associations de cultures, mais aussi
les attaques de parasites (par exemple, impatiens et bananes pour contrôler
les nématodes).
 
     
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  SOUS UN APPARENT DESORDRE... UNE STRUCTURE REFLECHIE  
     
  Le jardin créole s’organise autour de la maison avec à l’avant, le jardin
de représentation, essentiellement fleuri ou planté de végétaux bas.
Il symbolise la protection de la maison. A l’arrière, le jardin vivrier
où aucune plante n’est placée par hasard. Elles sont installés le plus
souvent en fonction de la fréquence d’utilisation (plus ou moins proche
de la maison), de l’espace disponible, de l’ensoleillement nécessaire,
de la compatibilité culturale des espèces et des variétés et aussi des
références culturelles du cultivateur.
 
     
  En bordure de ravine ou en contrebas
de jardin, des arbres à pain et d’autre arbres fruitiers ou aromatiques
(bois d’Inde, cannelier, muscadier) donnent l’ombre nécessaire à certains
plants, et, ont bien souvent, outre leur avantage alimentaire et médicinal,
une fonction de stabilisateur de terrain et de coupe-vent.
 
     
  L’organisation en plages de cultures représente une forme de cloisonnement
par rapport à la propagation des maladies et attaques parasitaires.
 
     
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  LES ASSOCIATIONS DE PLANTES  
     
  Chaque plante a son importance : il y a celles qui protègent des parasites,
celles qui assurent la couverture du sol, celles qui apportent des matières
azotées pour fertiliser, celles qui vont faire de l’ombre…
 
     
  Par exemple, le bananier et le chou caraïbe donnent beaucoup d’ombre,
donc ils seront placés afin qu’ils ne couvrent pas totalement les patates
douces ou tout autre légume rampant au sol.
 
     
  L’association igname-dachine (taro) est classique. A contrario, on n’associe
pas le manioc avec n’importe quelle plante car ses racines sont toxiques.
Le pois doux permet de « fatraser », c’est à dire couvrir le sol de feuilles
pour le protéger de l’érosion et empêcher les mauvaises herbes de pousser.
 
     
  Les feuilles de pois doux, riche en azote vont en plus enrichir le sol en
se décomposant...
 
     
  Depuis une trentaine d’années, des chercheurs de l’INRA étudient ces
associations végétales pour pouvoir expliquer scientifiquement comment
et pourquoi sont conçues les associations entre les différentes espèces,
car ces combinaisons apportent des rendements souvent supérieurs à ceux
des cultures d’une seule espèce !
 
     
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  LE TEMPS  
     
  Quel que soit le type d’association, simple ou complexe, la mise en place
des plants est déterminée par la lunaison, la longueur des jours, les saisons
(carême ou hiver) et certains mois jugés plus propices ou contre indiqués
(avril).
 
     
  L’utilisation du décalage temporel des semis et plantations et de variétés
diverses pour la même plante permettent de limiter à la fois l’impact
d’intempéries ou de maladies car toutes les plantes ne sont pas au même
niveau de développement. Cela permet aussi de bénéficier d’une récolte
échelonnée sur une longue période de temps, en petites quantités.
 
     
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  LES CROYANCES  
     
  Le jardin créole est lié à un univers de rituels et de croyances
magico-religieuses. Par exemple, en Dominique et à Sainte-Lucie,
une protection contre les mauvais sorts est assurée en entrée de
jardin par les pois d’angol et/ou le croton (Codiaeum variegatum),
une plante ornementale qui sert de haie pour les maisons d’habitation,
particulièrement en Guadeloupe et en Martinique.
 
     
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  LES PLANTES MEDICINALES ET AROMATIQUES : « rimed razié »  
     
  Placée près de la maison et au plus proche de la cuisine, elles permettent
d’aborder une autre fonction du jardin créole : se soigner. On y retrouve
le plus souvent l’Atoumo, la brisée, le gros thym, le thé pays, zeb mouton,
zeb mal-tête, le basilic, fleurit-noël, etc…
 
     
     
     
  Après avoir été écarté par l’apport des techniques modernes de l’agriculture
conventionnelle, le jardin créole revient aujourd’hui en force avec la
montée de l’agriculture urbaine, la recherche de solutions pour produire
beaucoup dans des espaces contraints et le désir de consommer mieux.
Au-delà de ces nouvelles perspectives, le jardin créole reste un patrimoine
historique et une pratique économique dans la Martinique d’aujourd’hui.
 
     
  Cécile Mahe  
  http://www.la-sorciere-et-le-medecin.com